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Damien de Cerf

de Scherffs · de Fièze-Fontaine

Chef de Nom et d'Armes et Primat de la Lignée Matricielle

  1. 843 Fondation
  2. 1007 Consécration
  3. 1648 Westphalie
  4. 1749 Diplôme Lefort
  5. 1806 Mise en sommeil
  6. Auj. Primat

MAISON DE CERF

de Scherffs · von Scherff · Cervus

Adresse du Chef de Nom et d'Armes

Je n'écris pas ces lignes pour me présenter. La charge que je tiens ne se résume pas à une personne, et celui qui la tient aujourd'hui n'en est qu'un moment, parmi d'autres qui l'ont tenue avant lui et qui la tiendront après. Ce qui suit n'est donc pas un mot d'accueil, mais une réflexion sur ce que signifie, à l'heure présente, exercer une charge que des siècles ont façonnée et que le siècle présent ne suffit pas à expliquer.

L'Europe conserve, dispersées sur son territoire, un nombre restreint de lignées dont la continuité ne s'est jamais rompue — non par privilège, mais par la discipline patiente de générations qui ont choisi de transmettre plutôt que de jouir. Ces lignées ne constituent pas un ornement du passé : elles forment, ensemble, une mémoire continue que les institutions de l'État, par nature, ne peuvent porter de la même manière, parce qu'elles se renouvellent, tandis qu'une maison se transmet. C'est dans cette mémoire commune, et non dans la seule histoire d'un nom, que je situe ma charge.

Ce qui se transmet n'est pas seulement matériel. Les archives, les actes, les armes, les titres en forment la part visible ; mais une maison transmet aussi une manière de tenir parole, une exigence de vérification avant toute affirmation, une fidélité aux formes qui ne doit rien à la mode du moment. C'est cette part immatérielle, plus encore que les pièces conservées dans une chancellerie, qui constitue l'héritage véritable — et qui rend sa perte, lorsqu'elle survient quelque part en Europe, plus grave qu'une simple disparition d'archives.

La mémoire d'une maison ne lui appartient pas en propre : elle se mêle à celle des terres qu'elle a administrées, des charges qu'elle a exercées, des peuples qu'elle a côtoyés sur la durée. Préserver cette mémoire, c'est donc préserver un peu de celle des autres — des alliés, des sujets d'autrefois, des institutions disparues dont les traces ne survivent souvent que dans les archives d'une maison qui a pris soin de les conserver. Ce devoir ne se proclame pas : il s'exerce, dans le silence des registres et la lenteur des vérifications.

Les maisons anciennes d'Europe ne se définissent pas par opposition au monde présent. Elles n'ont pas vocation à juger leur siècle, ni à s'en retirer. Leur fonction propre, dans la longue durée, est de rappeler qu'une civilisation ne se construit pas seulement par accumulation de nouveauté, mais aussi par la conservation patiente de ce qui mérite de durer. Une maison qui s'acquitte de cette fonction rend un service qui dépasse son propre nom : elle tient, à sa modeste mesure, un fil que d'autres institutions, plus jeunes, n'ont pas la même vocation à tenir.

Entre cet héritage et le monde présent, je ne vois pas de contradiction à résoudre, mais un dialogue à entretenir. La modernité n'a pas besoin qu'on lui oppose le passé ; elle a besoin, parfois, qu'on lui rappelle une profondeur que l'instant ne donne pas de lui-même. C'est ce rappel, plus qu'une nostalgie, que je crois devoir à mon temps.

Cette responsabilité ne s'exerce pas seule. Les maisons, chancelleries, archives et fondations patrimoniales d'Europe ont, les unes envers les autres, un devoir de coopération discrète : non de rivalité de rang ou d'ancienneté, mais d'échange entre gardiens d'une même fonction, exercée sous des noms différents et dans des royaumes qui ne sont plus. C'est dans cet esprit que cette chancellerie demeure ouverte aux institutions semblables, aux chercheurs et aux historiens qui s'adressent à elle avec le sérieux que ces matières commandent.

Je tiens cette charge sans l'avoir choisie, dans l'ordre d'une succession que je n'ai pas établie. Je ne la considère ni comme un bien, ni comme un titre à faire valoir, mais comme une responsabilité à honorer pour le temps qui m'est donné, avant de la remettre, intacte, à celui ou celle qui me succédera. C'est sous cette mesure, et sous nulle autre, que je signe cette adresse — sous la devise qui accompagne la Maison depuis ses origines, Soli Deo et Imperatori, à Dieu seul et à l'Empereur, et sous celle qui s'y joint aujourd'hui, Veritas Regnat per Cerf, la vérité règne par Cerf.

Damien de Cerf (de Scherffs) de Fièze-Fontaine
Chef de Nom et d'Armes, Primat de la Lignée Matricielle

Soli Deo et ImperatoriÀ Dieu seul et à l'Empereur

Veritas Regnat per CerfLa vérité règne par Cerf.